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Viamedis et Almerys 2024 : 33 millions de données de santé compromises

Publié le 2026-04-037 min de lectureFlorian

Deux opérateurs, un même problème

Fin janvier 2024 : Viamedis et Almerys, deux opérateurs de tiers payant qui gèrent le remboursement des soins pour de nombreuses mutuelles françaises, sont victimes de cyberattaques quasi simultanées.

1er février 2024 : Viamedis confirme l'intrusion. Le 2 février, Almerys suit.

6 février 2024 : la CNIL publie un communiqué indiquant que les données de plus de 33 millions de personnes sont potentiellement concernées.

Données compromises

Pour les assurés et leurs familles : état civil, date de naissance, numéro de sécurité sociale, nom de l'assureur santé et garanties du contrat. Les données bancaires, les données médicales (diagnostics, traitements) et les coordonnées (adresse, téléphone, email) ne sont pas concernées selon les opérateurs.

Le numéro de sécurité sociale combiné aux informations d'assurance santé est particulièrement sensible. Il permet de construire des attaques de phishing très ciblées (faux remboursements, fausses mutuelles).

Vecteur d'attaque

L'attaque a exploité les identifiants de professionnels de santé. Les attaquants ont compromis des comptes de praticiens qui avaient accès aux portails de gestion du tiers payant. Avec ces accès, ils ont pu interroger les systèmes et extraire les données des assurés.

Points critiques :

  • Les comptes de professionnels de santé n'étaient pas protégés par une authentification multi-facteurs
  • L'accès aux données n'était pas limité au strict périmètre du praticien
  • L'extraction massive n'a pas déclenché d'alerte immédiate
  • Le contexte réglementaire

    Les données de santé bénéficient d'une protection renforcée sous le RGPD (article 9). Leur traitement est en principe interdit sauf exceptions. Les opérateurs de tiers payant sont soumis à des obligations de sécurité renforcées, notamment dans le cadre de l'Hébergement de Données de Santé (HDS).

    La CNIL a lancé des investigations pour vérifier si les mesures de sécurité en place étaient conformes aux obligations réglementaires.

    Impact sur les victimes

    33 millions de personnes concernées, soit près de la moitié de la population française. Les données volées permettent des campagnes de phishing exploitant le thème de la santé (faux remboursements, fausses convocations). Le numéro de sécurité sociale, combiné à l'état civil, facilite l'usurpation d'identité.

    Leçons

    L'authentification multi-facteurs pour les professionnels de santé n'est pas négociable. Un simple couple login/mot de passe pour accéder à 33 millions de dossiers est insuffisant.

    La segmentation des accès est critique. Un praticien parisien n'a pas besoin d'accéder aux dossiers des assurés de Marseille.

    La surveillance en temps réel des accès aux données de santé est une obligation, pas un bonus. Un volume d'extraction anormal doit déclencher une alerte et un blocage automatique.

    Le tiers payant est un maillon critique souvent négligé. Les organisations se concentrent sur la sécurité de leurs propres systèmes mais oublient que des intermédiaires comme Viamedis et Almerys ont accès à des volumes considérables de données.

    Un audit de sécurité de vos systèmes de santé doit couvrir l'ensemble de la chaîne, y compris les prestataires tiers. CleanIssue identifie ces points faibles lors de ses évaluations.

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    Sources

    Rédigé par Florian
    Revu le 2026-04-03

    Analyse éditoriale fondée sur la documentation officielle des éditeurs, projets et autorités concernées.

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