Retour au blog
Hacks célèbresFranceRGPDfuite données

Free 2024 : 24 millions de comptes exposés, IBAN compris, et l'amende record de la CNIL

Publié le 2026-08-176 min de lectureCleanIssue

> En bref : En octobre 2024, Free et Free Mobile subissent l'une des plus grandes cyberattaques de l'histoire des télécoms français : 24 millions de contrats exposés, IBAN inclus pour les abonnés cumulant internet et mobile. La CNIL a infligé en 2026 une amende record de 42 millions d'euros pour manquement à la sécurité des données et défaut de communication adéquate après l'incident.

Ce qui s'est passé

En octobre 2024, un attaquant accède aux systèmes de Free et exfiltre les données personnelles associées à 24 millions de contrats. Pour les clients ayant souscrit à la fois une offre internet et une offre mobile, l'IBAN était également exposé — une donnée bancaire particulièrement sensible car elle permet, combinée à d'autres informations, de monter des tentatives de fraude au prélèvement.

Pourquoi la CNIL a sanctionné aussi lourdement

La sanction de 42 millions d'euros ne vise pas uniquement l'existence de la fuite — un incident de sécurité n'est pas en soi une infraction au RGPD — mais deux manquements précis :

  • Manquement à l'obligation de sécurité (article 32 du RGPD) : des mesures techniques insuffisantes ont permis l'accès et l'exfiltration à cette échelle, notamment sur le stockage et la protection des IBAN.
  • Communication post-incident jugée insuffisante : la CNIL a estimé que l'information des personnes concernées n'a pas été à la hauteur de la sensibilité des données exposées, ralentissant la capacité des victimes à se protéger contre la fraude.
  • Le point critique : pourquoi l'IBAN change tout

    Contrairement à un mot de passe, l'IBAN ne peut pas être « changé » facilement en cas de fuite (fermer un compte bancaire et en ouvrir un autre a des conséquences lourdes pour l'utilisateur). Exposer un IBAN aux côtés de données d'identité (nom, adresse, numéro de contrat) fournit à un attaquant tout ce qu'il faut pour tenter des prélèvements frauduleux ou des campagnes de phishing extrêmement convaincantes se faisant passer pour l'opérateur ou la banque.

    Pour tout éditeur SaaS qui stocke des coordonnées bancaires (paie, facturation, prélèvements clients), cet incident illustre pourquoi ces données doivent être traitées avec un niveau de protection supérieur à celui des données de contact classiques : chiffrement au repos, accès strictement limité, et tokenisation via un prestataire de paiement plutôt qu'un stockage en clair côté application quand c'est possible.

    Ce que ça change pour les éditeurs français

    Cette amende confirme une tendance de fond de la CNIL depuis 2024-2025 : la sanction ne porte plus seulement sur l'ampleur de la fuite, mais sur la proportionnalité des mesures de sécurité au regard de la sensibilité des données traitées, et sur la qualité de la réponse à incident. Un éditeur qui traite des données de paie, des IBAN ou des données de santé doit pouvoir démontrer des mesures spécifiques pour ces catégories, pas un socle de sécurité générique.

    Ce que CleanIssue vérifie

    Lors d'une revue externe, nous testons spécifiquement la protection des données financières et d'identité stockées par votre application — chiffrement, contrôle d'accès, exposition via API — ainsi que les scénarios d'exfiltration massive, exactement le type de faille qui a permis cette fuite à 24 millions de comptes.

    À retenir

  • Les données bancaires (IBAN) exigent un niveau de protection supérieur aux données de contact — chiffrement, tokenisation, accès minimal.
  • La proportionnalité des mesures de sécurité à la sensibilité des données est désormais un critère central des sanctions CNIL, pas seulement le volume de la fuite.
  • La qualité de la communication post-incident est évaluée au même titre que la sécurité technique — prévoir un plan de réponse à incident n'est plus optionnel.
  • Vous éditez un logiciel RH, paie ou recrutement ? CleanIssue réalise des audits de sécurité pour SaaS RH en conditions réelles, sans accès au code. Pour une première lecture de votre exposition, commencez par une revue externe de votre application.

    Sources

    Rédigé par CleanIssue
    Revu le 2026-08-17

    Services associés

    Si ce sujet reflète un risque concret sur votre stack, voici les audits CleanIssue les plus pertinents.

    Besoin d'une revue externe de votre SaaS RH ?

    Expliquez votre produit, votre stack et votre contexte client. Nous revenons vers vous avec le bon niveau de revue.

    Parler de votre audit